La Proposition
Philippe Vigier
> Source : Programme du candidatCréer une faculté dentaire à Tours.
L’analyse de l’Institut Montaigne
En quelques mots
La France compte 16 facultés de chirurgie dentaire (Bordeaux, Brest, Clermont-Ferrand, Lille, Lyon, Marseille, Montpellier, Nancy, Nantes, Nice, Paris V, Paris VII, Reims, Rennes, Strasbourg, Toulouse). Dans le cadre de l’organisation universitaire actuelle, les étudiants de la faculté de médecine de Tours admis après la première année commune aux études de santé (PACES) à poursuivre leurs études en odontologie rejoignent la faculté de Nantes, au même titre que les étudiants originaires de Poitiers (Poitou-Charentes) et Angers (Pays-de-la-Loire).
Le candidat propose de créer une faculté dentaire à Tours. Les facultés de chirurgie dentaire, composantes de plein exercice des universités françaises depuis les années 1980, constituent des unités de formation et de recherche (UFR) : à ce titre, leur création relève de la compétence du ministère en charge de l’enseignement supérieur. Elle doit être inscrite dans le contrat quinquennal établi entre le ministère chargé de l’Enseignement supérieur et l’établissement, l’université de Nantes en l’espèce.
L’intervention de la région Centre Val-de-Loire est donc conditionnée à l’accord préalable de l’État et des universités de Nantes et Tours. Compte tenu des compétences accordées aux régions en matière de soutien à l’enseignement supérieur et à la recherche, cette intervention prendrait la forme du co-financement de la construction et de l’aménagement des nouveaux locaux universitaires affectés à cette UFR.
En cas d’accord de l’État, un cofinancement de ce type s’inscrit dans le cadre du contrat de plan État-région (CPER). Le CPER 2015-2020 conclu entre l’État et la région Centre – Val-de-Loire n’a pas retenu la programmation d’un tel investissement. En Normandie, le contrat de plan conclu avec l’État a pour sa part retenu un tel projet (les étudiants normands en odontologie sont jusqu’alors répartis entre les facultés de Lille, Rennes et Paris) : son coût est de 1 M€, pris en charge à 50 % par la région[1].
Selon les effectifs de l’éventuelle faculté de Tours – a priori inférieurs ou égaux à ceux de la future faculté normande de chirurgie dentaire compte tenu des numerus clausus en vigueur en 2015 –,le coût de cette proposition est estimé entre 800 000€ et 1 M€, soit entre 400 000€ et 500 000€ à la charge de la région.
En détail
Le chiffrage de la proposition de créer une faculté dentaire à Tours est fondé en premier lieu sur l’analyse du projet similaire retenu par le contrat de plan 2015-2020 signé entre l’État et la région Haute-Normandie, pour la création d’une faculté de chirurgie dentaire à Rouen. Le coût du projet sur lequel se sont engagés les contractants est de 1 M€.
Cette faculté normande regroupera les étudiants des universités de Caen et de Rouen admis à poursuivre leurs études en odontologie après la réussite de leur PACES (première année commune aux études de santé). Le numerus clausus en vigueur dans ces deux universités s’élève à 54 étudiants[2].
Le numerus clausus 2015 en odontologie à Tours est de 29 étudiants, 39 à Nantes, 15 à Angers et 15 à Poitiers. Dans l’hypothèse où les coûts de construction seraient similaires entre les deux projets et où la faculté dentaire de Tours accueillerait également les étudiants de Poitiers (Angers restant rattaché à Nantes), le coût est estimé de la sorte : C = 1 M€ x (29+15)/54 = 1 M€ x 80 % = 800 000€.
Dans l’hypothèse où l’État accepterait de financer le projet à hauteur de 50 %, les dépenses d’investissement à la charge de la région Centre – Val de Loire s’élèveraient entre 400 000€ et 500 000€. Si l’État n’était pas convaincu de la pertinence d’une telle faculté, la région pourrait être amenée à assumer une part plus importante du coût du projet (75 % voire 100 %), ce qui ferait mécaniquement progresser son investissement à 750 000€, voire 1 M€.
Les dépenses de la région étant limitées à la prise en charge de la construction et de l’aménagement des locaux universitaires (les dépenses d’enseignement et l’équipement sont à la charge de l’université), cet investissement apparaît comme, a priori, à la portée de la région.
Sources
[1] Site de la région Haute-Normandie.
[2] Données du ministère de la Santé.